Depuis quand ACS-Qc existe-t-elle et quelle est son origine?

  • En septembre 1991, cinq montréalaises atteintes du cancer du sein se sont concertées pour former un groupe de conscientisation sur les enjeux reliés au cancer du sein, pour revendiquer de meilleures pratiques quant aux diagnostics, traitements et soins, et aussi pour revendiquer pour les femmes leur place dans les décisions touchant les traitements, les services, les politiques publiques et la recherche. Fondée à l'origine comme organisme sans but lucratif, ACS-Qc est devenue un organisme de bienfaisance reconnu en février 1993 (avec effet rétroactif jusqu'en juillet 1992). En novembre 1994, ACS-Qc a été incorporée et a obtenu le statut d'organisme sans but lucratif (OSBL) au Québec. On a tenu la première assemblée générale annuelle en septembre 1995. (voir d'autres détails historiques)

Comment ACS-Qc diffère-t-elle d'autres organisations qui travaillent sur la question du cancer du sein?

  • L'action d'ACS-Qc s'inspire de l'initiative du groupe Breast Cancer Action, une organisation située à San Franciso qui existe depuis 1990. Tout en soutenant les efforts d'autres organisations dédiées au cancer du sein, à ACS-Qc on est préoccupé par le fait qu'au-delà de 95 % des fonds levés pour appuyer la recherche sur le cancer du sein sont consacrés à des améliorations dans le dépistage et le traitement plutôt que sur les causes de cette maladie. ACS-Qc vise à ce que soient élucidées les causes du développement du cancer du sein, et qu'on comprenne pourquoi on diagnostique cette maladie chez un nombre toujours croissant de femmes. Notre espoir demeure qu'un jour l'on puisse arrêter le cancer du sein avant même qu'il ne commence.

Pourquoi ACS-Qc n'accepte aucune contribution des entreprises pharmaceutiques?

  • Afin de fournir de l'information impartiale concernant la prévention primaire du cancer du sein, son diagnostic et son traitement, ACS-Qc se doit d'être libre de toute apparence de conflit d'intérêts. Par conséquent, ACS-Qc n'acceptera aucun soutien financier d'entités corporatives dont les produits ou les services peuvent, au meilleur de nos connaissances, comprendre le diagnostic ou le traitement du cancer. (Pour d'autres informations à ce sujet, consulter la page concernant notre Politique en regard des dons corporatifs.)

Qu'est-ce que le principe de précaution?

  • Le principe de précaution, une notion qui circule depuis 1988, incarne l'idée centrale du dicton «  mieux vaut prévenir que guérir ». En d'autres mots, sans connaître les conséquences d'une action particulière, si on estime que celle-ci a le potentiel d'engendrer des conséquences négatives majeures et irréversibles, alors il vaut mieux éviter cette action. En pratique, le principe s'applique le plus souvent en considération des impacts de nouvelles technologies sur l'environnement. (Voir d'autres informations sur ce sujet sur le site du Science & Environmental Health Network.)

 Comment pouvons-nous utiliser le principe de précaution pour protéger notre santé? 

  • Le principe de précaution d'opérationnalise comme suit: Agir maintenant, avant même qu'une preuve scientifique définitive puisse se dégager, afin de réduire et d'éliminer des pratiques soupçonnées de mettre en danger la santé humaine ou l'environnement; Rechercher des alternatives aux activités qui posent un danger pour la santé humaine ou l'environnement; Transférer le fardeau de preuve afin que les responsables — les fabricants et ceux qui profiteront de tels produits et activités — soient obligés d'en démontrer le caractère sécuritaire; Engager un processus démocratique, transparent et informé qui sache rejoindre et engager les communautés concernées dans les décisions prises au sujet de leur santé et leur environnement.
  • Vous pouvez utiliser le principe de précaution chez vous en modifiant vos habitudes pour utiliser désormais des produits nettoyants non-toxiques et des produits de soins personnels plus sécuritaires et en achetant les produits organiques. Vous pouvez aussi vous exprimer sur le besoin du recours au principe de précaution, dans des lettres adressées au Ministre de la Santé du Canada et/ou de l'Agence de santé publique du Canada. (Dans ces deux cas, une lettre — expédiée aux soins de la Chambre des Communes, Ottawa (Ontario) K1A 0A6 — ne nécessite aucun timbre.) Votre lettre devrait faire la recommandation de normes sécuritaires plus rigoureuses en regard des produits de soins corporels et des produits nettoyants, des cosmétiques, des tapis et des tissus d'ameublement; car ce sont là des produits qui contiennent des produits chimiques non testés et potentiellement dangereux. L'objectif visé consiste à changer l'orientation des pouvoirs publics de la stratégie actuelle, une approche de gestion des risques (par exemple : «  Quel niveau de dommage est acceptable? »), vers une insistance sur «  Comment pouvons-nous prévenir les dommages? ». Rappelons-nous bien que les dangers associés au fait de fumer ont été signalés longtemps avant qu'ait été dégagée la preuve scientifique le reliant au cancer du poumon et à l'aggravation de risques associés à plusieurs autres maladies. De manière similaire, ACS-Qc désire alerter le public aux dangers de milliers de contaminants environnementaux qui menacent notre santé et la santé de nos proches. On peut lire davantage sur le principe de précaution sur le site www.TakingPrecaution.org.

 Pourquoi est-ce qu'ACS-Qc décourage les femmes en santé de prendre du tamoxifen pour prévenir le cancer du sein? 

  • Comme c'est le cas avec d'autres médicaments, le tamoxifen s'accompagne d'effets secondaires, en l'occurrence le risque de caillots de sang dans les poumons, le cancer de l'endomètre (la muqueuse interne de l'utérus), et les bouffées de chaleur. De plus, nous connaissons mal les conséquences potentielles de ce médicament sur le long terme. On a pu démontrer l'efficacité de ce médicament dans la réduction de la récurrence du cancer du sein pour les femmes ayant déjà développé un cancer. Toutefois le fait d'offrir ce médicament aux femmes n'ayant pas connu de cancer du sein et qui ne se trouvent pas dans une catégorie particulière de femmes à risque représenterait une invitation à ce que ces femmes développent d'autres symptômes tout en essayant d'éviter la maladie. En d'autres mots, les bénéfices font rarement le poids en comparaison des risques. Il est présentement conseillé aux femmes qui prennent du tamoxifen suite à une intervention chirurgicale pour le cancer du sein, de discontinuer ce médicament au maximum après cinq ans. Si les femmes en santé devaient prendre du tamoxifen pour prévenir le cancer du sein, mais que par la suite elles développent la maladie, il est possible qu'elles ne puissent bénéficier ultérieurement du médicament dans la foulée du traitement initial. Est-ce que le tamoxifen ne ferait que retarder la survenance du cancer? Comment le fait de prendre le médicament tout en étant en santé affectera-t-il le traitement ultérieur de la maladie?

Quelle est la politique d'ACS-Qc concernant la mammographie?

  • Le diagnostic par mammographie implique l'exposition à de faibles doses de radiation dont les effets sont cumulatifs. Puisqu'il est connu que la radiation est cancérigène, ACS-Qc recommande de restreindre le plus possible le recours à la mammographie, et promeut plutôt le développement de méthodes plus efficaces et à moindre risque en matière de détection du cancer du sein. Présentement la Société canadienne du cancer recommande la mammographie aux deux ans pour les femmes âgées entre 50 et 69 ans. (En Colombie-Britannique on la recommande à partir de 40 ans.) On a longtemps cru que la détection «  précoce » du cancer (par la mammographie ou l'examen clinique des seins) diminuerait le risque qu'il soit fatal. On sait maintenant que certains cancers sont plus agressifs que d'autres, et que le moment du diagnostic ou la grosseur de la tumeur peuvent n'avoir que peu de rapport avec le pronostic à long terme. Toutefois l'examen clinique rigoureux des seins (fait par un professionnel de la santé certifié, et qui peut durer jusqu'à dix minutes) a été démontré comme étant aussi efficace que la mammographie. Pour toutes ces raisons ACS-Qc est d'avis que les femmes devraient prendre les décisions qui leur conviennent le mieux en regard du recours régulier à la mammographie. Les choix sont difficiles. Les femmes qui optent pour des mammographies sur une base régulière devraient avoir accès à des équipements à jour, des techniciennes empathiques et des résultats livrés rapidement.

Quelle est la politique d’ACS-Qc sur le dépistage?

  • Malgré l’autoexamen des seins, l’examen clinique des seins par un professionnel de la santé ou la mammographie, il subsiste de sérieux problèmes de faux positifs et de faux négatifs. Chaque méthode de dépistage a ses limites. Toutes les options devraient être offertes aux femmes. De plus, nous croyons que l’examen clinique des seins devrait faire partie intégrante du programme provincial de dépistage au Québec.

Comment décider si Herceptin me conviendrait?

  • Les femmes à qui on a diagnostiqué un cancer avec surexpression tumorale de HER2 peuvent se voir proposer Herceptin en tant qu'élément d'un plan de traitement. À ACS-Qc, nous ne pouvons pas faire de recommandations sur le traitement approprié - c'est une décision que doit prendre chaque femme, après une discussion avec son équipe en cancer du sein. Cependant, pour vous aider à poser les bonnes questions à votre médecin, voici quelques informations sur l'Herceptin :

    Herceptin (trastuzumab) est conçu pour combattre le gène HER2 (human epidermal growth factor receptor 2; récepteur de facteur de croissance épidermique humain 2) présent dans environ un quart des cancers du sein diagnostiqués. Ce gène participe au contrôle de la croissance, division et réparation cellulaire en dirigeant la production de protéines spéciales, appelées les récepteurs HER2. Si le corps produit trop de copies du gène HER2 ou trop de récepteurs, cela peut avoir comme conséquence une forme plus agressive de la maladie. Ceci signifie que les cancers avec surexpression tumorale de HER2, peuvent réapparaître plus tôt que d'autres formes de cancer du sein et peuvent ne pas répondre aussi bien aux thérapies standards.

    Les essais sur le gène HER2 sont faits sur du tissu tumoral et devraient idéalement être exécutés au moment du diagnostic. Les patientes qui souhaitent faire vérifier leur statut HER2 doivent demander au médecin de le faire au moment de la biopsie ou de la chirurgie, ou sur leur tissu tumoral stocké.

    Actuellement, le coût d'Herceptin est couvert pour toutes les tumeurs avec surexpression de HER2 en Colombie-Britannique, en Alberta et à la Saskatchewan et sur une base de cas par cas au Manitoba, au Québec, au Nouveau-Brunswick, à Terre-Neuve et au Labrador. Certaines provinces prennent en charge Herceptin pour le traitement des tumeurs de plus d’un centimètre.

    Herceptin est produit aux États-Unis par Genentech Inc., de San Francisco, et au Canada par Hoffman-Laroche (également connue sous le nom de Roche Canada) de Mississauga, Ontario.

    Herceptin est administré par voie intraveineuse. Les effets secondaires, qui se produisent généralement pendant le traitement initial, sont la fièvre et/ou les frissons et, moins fréquemment, douleur, faiblesse, nausées, vomissements, diarrhée, céphalées, difficultés respiratoires, ou éruptions cutanées. Ces effets secondaires généralement s'atténuent après le premier traitement.

    Un traitement à long terme avec Herceptin peut endommager le muscle cardiaque et entraîner une insuffisance cardiaque. Herceptin peut également affecter les poumons, entraînant des problèmes respiratoires graves ou représentant un risque vital et/ou des réactions allergiques. Pour cette raison, les femmes qui peuvent bénéficier d'Herceptin doivent être évaluées très soigneusement avant de prescrire le médicament.

    Pour prendre votre décision, nous vous recommandons de lire et/ou interroger votre médecin sur les informations contenues dans l'article “Adjuvant Trastuzumab in HER2-Positive Breast Cancer” par D. Slamon, W. Eiermann, N. Robert et coll., dans le New England Journal of Medicine (6 octobre 2011 Vol. 365, No 14). Le résumé est le suivant:

    Contexte
    Trastuzumab en traitement adjuvant du cancer du sein avec surexpression tumorale de HER2, améliore la survie, même si cette thérapie combinée à des protocoles à base d'anthracycline a été associée à une toxicité cardiaque. Nous avons voulu évaluer l'efficacité et l’innocuité d'un nouveau protocole de nonanthracycline en association avec trastuzumab.

    Méthodes
    Nous avons réparti aléatoirement 3222 femmes avec un cancer du sein a surexpression tumorale HER2 à un stade précoce, qui ont reçu doxorubicin et cyclophosphamide suivis de docetaxel toutes les 3 semaines (AC-T), le même protocole plus 52 semaines de trastuzumab (AC-T plus trastuzumab), ou docetaxel et carboplatin plus 52 semaines de trastuzumab (TCH). L'objectif primaire de l'étude était la survie sans récidive. Les objectifs secondaires étaient la survie globale et la tolérance.

    Résultats
    Après une période médiane de suivi de 65 mois, 656 événements ont déclenché cette analyse prescrite par le protocole. Les taux estimés de survie sans récidive à 5 ans étaient de 75 % parmi les patientes recevant AC-T, 84 % parmi celles recevant AC-T plus trastuzumab, et 81 % parmi celles recevant TCH. Les taux estimés de survie globale étaient respectivement de 87 %, 92 %, et 91 %. Aucune différence significative d'efficacité (survie sans récidive ou globale) n'a été décelée entre les deux protocoles de trastuzumab, alors qu'elles étaient toutes les deux supérieures à celle de AC-T. Les taux d'insuffisance cardiaque congestive et de dysfonction cardiaque étaient sensiblement plus élevés dans le groupe recevant AC-T plus trastuzumab que dans le groupe TCH (P<0.001). Huit cas de leucémie aiguë ont été rapportés: sept dans les groupes recevant les protocoles à base d'anthracycline et un dans le groupe TCH après avoir reçu un traitement d'anthracycline en dehors de l'étude.

    Conclusions
    Avoir ajouté pendant 1 an trastuzumab en adjuvant a amélioré de manière significative la survie sans récidive et globale parmi des femmes ayant un cancer du sein avec surexpression tumorale HER2. Le rapport risque/bénéfice favorise le protocole nonanthracycline TCH sur celui AC-T plus trastuzumab, étant donné leur efficacité semblable, des effets toxiques aigus moindres, et des risques inférieurs de cardiotoxicité et de leucémie.
    (Financé par Sanofi-Aventis et Genentech; Numéro d'enregistrement dans BCIRG-006 ClinicalTrials.gov, NCT00021255).

Qu'est-ce que «  l'industrie du cancer »?

  • Le cancer est tellement présent aujourd'hui qu'il s'est créé toute une industrie autour, comprenant non seulement le personnel du secteur de la santé et les cliniques spécialisées en cancer, mais aussi les manufacturiers des équipements, des appareils et des tests de détection et de traitement, les entreprises pharmaceutiques qui fabriquent les médicaments oncologiques, les organisations de publicité et de relations publiques, les instituts de recherche en cancer, les agences subventionnaires de recherches sur le cancer, etc. Cette «  industrie du cancer » emploie des milliers de personnes et introduit dans l'économie des sommes importantes d'argent, avec comme résultat de détourner l'attention du besoin qui existe toujours de trouver les causes du cancer. ACS-Qc vous suggère d'être particulièrement vigilantes, vigilants à l'égard des compagnies pharmaceutiques qui font des profits en vendant des médicaments pour traiter le cancer tout en fabriquant par ailleurs des produits chimiques cancérigènes, à l'égard des manufacturiers d'automobiles qui supportent à grands renforts de publicité la recherche sur le cancer cependant que les véhicules qu'ils produisent déversent des émissions cancérigènes dans l'environnement, à l'égard aussi des agences oeuvrant sur le cancer mais qui ignorent ou banalisent les contaminants environnementaux qui nous entourent quotidiennement et qui contiennent des produits cancérigènes potentiels.

Comment a commencé le Mois de la sensibilisation au cancer du sein?

  • C'est en 1984 que le mois d'octobre a été désigné le Mois de la sensibilisation au cancer du sein, et cette désignation a été promue par une compagnie pharmaceutique — aujourd'hui AstraZeneca — qui fabrique le Tamoxifen. À une époque, AstraZeneca était la propriété d'ICI, une compagnie qui d'une part fabriquait des médicaments contre le cancer du sein et d'autre part profitait de la vente d'un herbicide cancérigène. Aujourd'hui, un nombre croissant de manufacturiers et de détaillants font la promotion de produits signalés par le ruban rose ou vous incitent à participer à des activités pour venir en aide à la recherche sur le cancer du sein. Le plus souvent on retrouve peu d'informations concernant le pourcentage de la vente ou le montant du don qui sera fait ni encore sur la nature de la recherche sur le cancer du sein qui sera réalisée. La très grande majorité des fonds amassés pour financer la recherche sur le cancer du sein ira à l'amélioration des techniques de détection ou de traitement. ACS-Qc vous recommande de poser des questions avant d'acheter quelque produit ou de participer à quelque événement associés à la compagne du ruban rose. De plus, ACS-Qc vous recommande de faire des dons directement à un organisme actif en recherche sur le cancer du sein tout en stipulant que votre argent soit consacré à de la recherche sur les causes du cancer du sein. (Voir d'autres détails dans Les profits couleur rose.)

Quelle est l'origine du ruban rose?

  • Au début des années 1990, une grand-mère américaine, Charlotte Haley, a commencé chez elle à faire des rubans couleur pêche, à la main. Sa fille, sa soeur et sa grand-mère avaient toutes eu le cancer du sein. Elle a pris l'initiative de distribuer des milliers de rubans avec des cartes se lisant ainsi : «  L'Institut national du cancer bénéficie d'un budget de 1,8 milliards de dollars. Seulement 5 % de ce montant est alloué à la prévention du cancer. Aidez-nous à réveiller nos législateurs et l'Amérique en portant ce ruban. » La direction de la grande entreprise de cosmétiques, Estée Lauder, et la revue Self ont demandé à Haley la permission d'utiliser ce ruban. Haley leur a refusé, disant que son ruban ne devait pas être commercialisé. Alors la décision fut prise d'y aller avec une autre couleur, et on a choisi la couleur rose. Le ruban pêche de Charlotte Haley fut relégué au second plan par la machine de relations publiques qui fit du ruban rose le symbole reconnu du cancer du sein. L'utilisation du ruban rose s'est répandue. Associer le ruban rose à un produit rehausse l'image du manufacturier, du détaillant ou du commanditaire. Ces derniers génèrent de l'argent, surtout pour eux, et manifestent peu d'intérêt pour ce qui advient de la petite portion qui va aux organismes qui s'occupent du cancer du sein. (Voir d'autres détails dans Les profits couleur rose.)

 Devrais-je acheter ce produit «  ruban rose »? 

  • Qui profite de votre achat? Combien d'argent ira aux programmes et aux services de lutte contre le cancer du sein? (Est-ce une proportion du prix de vente? Si oui, quelle proportion? Ou est-ce que le fabricant/détaillant fournit un montant fixe lors de chaque vente?) De quel type de produit s'agit-il? (Les cosmétiques peuvent contenir des produits cancérigènes ou potentiellement cancérigènes. Il en est de même pour les produits de nettoyage domestique. Demeurez vigilantes, vigilants devant de telles pratiques à double tranchant.) Ne vous faites pas exploiter par des entreprises qui se font une belle image à vos dépens. Quelle recherche supporte-t-on? Est-ce que l'argent est destiné à une fondation qui finance des programmes dans d'autres communautés mais pas dans la vôtre? Est-ce que la contribution ira grossir les montants dédiés à la recherche sur la détection et les traitements tandis que la recherche sur les causes du cancer du sein continue à être le parent pauvre?

Pourquoi est-ACS-Qc sceptique envers le ruban rose?

  • (La version complète de ce rapport peuve être trouvés ici. Le cancer du sein est devenu l'enfant chéri des corporations canadiennes. Des couvercles de pots de yogourt aux véhicules automobiles, le ruban rose de « sensibilisation » au cancer du sein fait son apparition sur un nombre grandissant de produits. Le cancer du sein est une maladie facile à commercialiser car tout le monde adore penser aux seins, en parler et les regarder. La commercialiser est encore plus facile lorsqu'elle est vue comme une question féministe — sans les aspects politiques.
  • En été et en automne 2004, en tant que stagiaire chez Action cancer du sein du Québec, je me suis penchée sur la nature du marketing social du cancer du sein au Canada. J'ai trouvé une foule de campagnes de marketing, nationales et locales, à la recherche de transparence, de prise de responsabilité, de sensibilisation aux problèmes de cancer du sein, de même que de conflits d'intérêts potentiels.
  • Qu'est-ce que le marketing social du cancer du sein exactement? Tri-Marketing, une firme de marketing et de publicité canadienne en ligne, définit le marketing social comme « un partenariat entre une compagnie à but lucratif et une compagnie sans but lucratif qui permet d'augmenter les ventes tout en amassant de l'argent et en augmentant la visibilité de la cause. »1 Notez que dans presque toutes les campagnes de marketing social sur le cancer du sein, c'est l'argent des consommateurs qui permet d'amasser des fonds pour la cause, pas celui de l'entreprise. Celle-ci utilise le ruban rose pour attirer l'attention et l'argent des consommateurs tout en augmentant un peu la visibilité de la cause.
  • Yoplait éclabousse les couvercles de ses yogourts du ruban rose. Le consommateur doit pourtant envoyer les couvercles à Yoplait avant que la compagnie ne verse dix sous à la Fondation canadienne du cancer du sein. Cela exige beaucoup d'efforts (et de timbres) de la part du consommateur. La plupart des consommateurs achèteront le produit à cause du ruban rose, puis jetteront le couvercle. Le marketing social utilise la maladie pour s'attirer la sympathie des consommateurs et pour faire acheter des produits. Quelle somme est recueillie grâce au marketing social — et cet argent est-il bien dépensé? Voilà des questions impossibles, non seulement en raison du nombre important (et croissant) d'entreprises qui embarquent sur le train de la cause du cancer du sein, mais aussi parce que l'aspect monétaire des transactions liées au marketing social du cancer du sein est souvent explicitement confidentiel.
  • Belvedere International, une entreprise qui fabrique des produits de santé et de beauté, place un ruban rose sur ses produits Down Under Natural's, Salon Mode, Nature's Basics et European Formula. Cependant, Belvedere refuse de divulguer la portion des ventes de ces produits allouée à la recherche sur le cancer du sein, ni les actions spécifiques que ces fonds soutiennent. Est-ce tout simplement parce qu'eux-mêmes ne le savent pas?
  • Il y a d'autres exemples : Châtelaine/ Flare Magazine se disent « engagés à augmenter la sensibilisation au cancer du sein »2 , mais ils ont une entente de confidentialité stricte avec la Fondation canadienne du cancer du sein et ne divulguent aucune information, financière ou autre, sur leurs activités de commandite. Ce manque de transparence soulève naturellement des questions : S'ils font du bon travail, pourquoi tairaient-ils cette information? Le problème est aggravé par le fait que les entreprises ne sont pas responsables de la manière dont les fonds sont utilisés.
  • Il est clair que de l'argent est amassé au profit de la recherche sur le cancer du sein. Mais la majeure partie de cet argent est versé à des organismes déjà riches; des organisations connues pour leur approche conservatrice des questions entourant le cancer du sein et qui ont souvent des liens avec d'importantes compagnies pharmaceutiques ou des corporations dont les produits contribuent à l'incidence du cancer du sein.
  • L'exploration des problèmes liés au marketing social du cancer du sein révèle des conflits d'intérêts ou des sociétés « à double face ». Les organismes de charité les plus riches et les plus connus oeuvrant contre le cancer du sein mentionnent rarement les questions primordiales comme la prévention primaire (stopper le cancer du sein avant qu'il ne se déclare) ou les liens potentiels entre l'environnement et le cancer du sein. Cela nous force à penser que peut-être ces questions sont ignorées parce que les toxines environnementales qui se logent dans les tissus adipeux de nos seins peuvent être trouvées dans les crèmes de compagnies « ruban rose » que l'on trouve à la pharmacie du coin. Tout le monde connaît Johnson & Johnson. Cette marque soutient la Fondation canadienne du cancer du sein et la Fondation québécoise du cancer du sein. Bien que Johnson & Johnson n'ait jamais répondu à mes questions concernant sa campagne de marketing social, j'ai pu trouver de l'information ailleurs.
  • La section « Skin Deep » du site Web de Environmental Working Group teste des produits populaires à la recherche de la présence de toxines, de carcinogènes éventuels et d'autres éléments posant des risques pour la santé. Sur les 42 produits Johnson & Johnson testés, sept contiennent des carcinogènes humains potentiels (pouvant poser un risque de cancer), 18 contiennent des impuretés liées au cancer du sein et 29, des impuretés liées à d'autres cancers et/ou des carcinogènes humains. (Les produits entrent souvent dans deux catégories ou plus.) Trente-trois des 42 produits Johnson & Johnson testés sont conçus pour les bébés.
  • Ford est un autre exemple d'une entreprise à double face. Ford est un important commanditaire de la « Course à la vie » CIBC. Les moteurs à combustion de Ford, comme tous les moteurs à combustion, produisent 1,3 butadiène et hydrocarbures aromatiques polycycliques, des toxines liées à l'incidence du cancer du sein. Dans des cas comme celui-ci, le marketing social du cancer du sein ressemble plus à une opération de ramassage des pots cassés qu'à un acte de philanthropie.
  • Tel que mentionné ci-dessus, la prévention primaire est une approche qui se fait très rare dans la littérature publiée par les organismes riches qui oeuvrent contre le cancer et qui font du marketing social. Cela pourrait s'expliquer par la présence d'un conflit d'intérêt, étant donné que les fonds proviennent d'importantes compagnies pharmaceutiques. Voici un exemple : Astra-Zeneca, le fabricant de tamoxifène, est l'initiateur du Mois national de la sensibilisation au cancer du sein, et un supporteur de la Fondation québécoise du cancer du sein, de Willow Breast Cancer et des Support Resources Services (en Ontario). La compagnie AstraZeneca, anciennement appelée Zeneca, était initialement détenue par Imperial Chemical Industries, un fabricant multimilliardaire de pesticides, de papier et de plastique. Outre le tamoxifène, Zeneca fabriquait des fongicides et des herbicides, notamment de l'acethchlor, qui est carcinogène. Son usine, située à Perry (Ohio), est la troisième plus importante source de pollution potentiellement carcinogène aux États-Unis.
  • D'importants événements de sensibilisation au cancer du sein, comme le Mois national de sensibilisation au cancer du sein, ferment les yeux sur les questions de prévention primaire parce que toute discussion sur les causes du cancer du sein ciblerait des compagnies comme AstraZeneca — d'importants fabricants de toxines potentiellement carcinogène et très certainement néfastes pour l'environnement.
  • Avec tant d'information volontairement cachée au public concernant la contribution douteuse d'entreprises (comme AstraZeneca) au développement du cancer du sein, il n'est pas surprenant que l'on accorde si peu d'attention à la prévention primaire. En fait, moins de 5 pour cent de tout l'argent dépensé pour la recherche contre le cancer est alloué à la vraie prévention primaire.5 En ne demandant pas à quoi sert l'argent, les compagnies qui participent à du marketing social du cancer du sein contribuent de manière considérable à cette situation effroyable.
  • Au lieu de penser aux toxines en relation avec les aspects environnementaux du cancer du sein, on met l'accent sur la femme elle-même. On lui dit d'arrêter de fumer, de réduire au minimum sa consommation de boissons alcoolisées, de faire de l'exercice, de manger des aliments faibles en gras, d'effectuer des auto-examens de ses seins et de faire régulièrement des mammographies. Ce sont là des moyens de maintenir sa santé générale, mais qui ne préviendront pas la maladie. Un gros problème avec cette vision est que si une femme a le cancer du sein, elle pourrait croire que c'est de sa faute. Et cette attitude est très répandue.
  • Par exemple, WonderBra inclut deux millions de manuels sur l'auto-examen des seins avec ses produits. Selon cette entreprise, la campagne « You've Got the Power » aide à associer les femmes canadiennes à la Fondation canadienne du cancer du sein, tout en leur donnant le pouvoir de prendre en main la santé de leurs seins.
  • Aucune femme (ni aucun homme) ne peut être tenu entièrement responsable de sa santé; il y a des millions de facteurs qui influent sur le comportement de notre corps et sur lesquels nous n'avons que très peu ou aucun contrôle. Des compagnies comme AstraZeneca, Johnson & Johnson et Ford, fabriquent des produits qui contiennent des toxines qui sont absorbées par notre corps, peu importe le nombre de tours de pâté de maisons que nous faisons. Le cancer du sein est un problème de santé publique, et pas seulement un combat personnel. Ceci n'est que la pointe du iceberg rose mais révèle une foule d'hématomes et de blessures associés au ruban rose. Le contexte actuel du marketing social du cancer du sein au Canada manque de transparence, de prise de responsabilité, d'un point de vue féministe et de santé publique. Les intérêts corporatifs font « virer au rose » les problèmes politiques qui toutefois deviennent clairs si l'on explore un peu plus la situation. Nos achats ne peuvent malheureusement pas faire disparaître la maladie, même si le marketing social du cancer du sein essaie de nous convaincre du contraire. Ce que nous pouvons faire, c'est chanter à tue-tête le blues du ruban rose aux corporations et aux organismes de cancer du sein.
  • Voici comment vous pouvez chanter le blues du ruban rose : Informez-vous : sur les problèmes et la recherche qui entourent le cancer du sein. Posez des questions importantes. Envoyez un courriel au téléphonez à une entreprise qui fait du marketing social du cancer du sein et posez des questions de base sur leurs contributions : combien, à qui et pourquoi. Défiez l'entreprise en lui proposant de faire un don averti et privé pour une cause qui tient à coeur à ses membres, plutôt que de placer un ruban rose sur un produit en vue d'en augmenter les ventes. Parlez à vos amis. Si vous connaissez quelqu'un qui s'intéresse aux problèmes liés au cancer du sein, parlez-lui des problèmes entourant le marketing social du cancer du sein. Soutenez votre cause. Au lieu de faire des dons à des corporations douteuses dans le cadre d'une activité inconnue et inaccessible, pourquoi ne pas faire un don directement à un projet de recherche ou à un organisme de cancer du sein qui est important pour vous? Informez votre fondation de cancer du sein. Si vous pensez que votre fondation de cancer du sein est trop étroitement liée à des activités de marketing social douteuses, dites-le lui. Participez. Contactez Action cancer du sein du Québec (www.acsqc.ca/fr) pour savoir comment vous pouvez faire une différence.
  • Sources 1. www.nonprofits.org/npofaq/08/19.html, dernière consultation : 29 mars 2005 2. "National Run Sponsors," The Canadian Breast Cancer Foundation, disponible à l'adresse www.cbcf.org/corp/sponsors. html; dernière consultation : 14 septembre 2004. 3. www.ewg.org 4. Sharon Batt et Liza Gross, "Cancer Inc." Sierra Club, 2000, disponible à : www.sierraclub.org/sierra/199909/cancer.asp, dernière consultation : 16 septembre 2004 4. www.acsqc.ca, dernière consultation : 3 mars 2005. 5. www.cbcf.org/corp/partners.html consulté le 16 septembre 2004

Qu'en est-il des diverses activités de levée de fonds pour le cancer du sein, d'après ACS-Qc?  

  • Avant de vous commettre à supporter une activité de levée de fonds, soit par votre participation soit par la commandite de la participation de quelqu'un d'autre (pour une marche, une course...), demandez où ira l'argent ainsi recueilli. Demandez non seulement quelle portion de l'argent ira pour la cause, mais aussi quels types de programmes ou de recherches seront supportés. Si la réponse ne vous satisfait pas, ou si vous n'aimez pas la réponse, ACS-Qc vous suggère de contribuer directement à une organisation dont vous appréciez le travail.

 On m'a demandé de «  cliquer pour la mammographie ». Est-ce une bonne idée? 

  • Le site web «  cliquer pour la mammographie » est offert par The Breast Cancer Site qui, en retour, offre des forfaits de publicité à leurs commanditaires. Il s'agit d'un site américain et, selon notre organisation amie, Breast Cancer Action de San Francisco, il nécessite 18 000 «  clics » pour payer une mammographie. L'argent généré par les annonceurs est versé à la Fondation nationale du cancer du sein, aux Etats-Unis (NBCF). La NBCF, à son tour, offre de l'argent à travers des programmes désignés. L'information disponible ne précise pas si ces programmes supportent la mammographie. Il existe un problème dans toute campagne visant à améliorer la détection du cancer du sein : que faire par la suite? Si une Américaine qui ne peut se payer la mammographie (présumément parce qu'elle n'a pas d'assurance médicale) se fait diagnostiquer avec un cancer du sein, qui paiera alors ses traitements?

 Quels sont les facteurs environnementaux reliés au cancer du sein? 

  • C'est sur la base de nombreux constats scientifiques qu'on est en mesure de suggérer qu'on doit compter comme causes possibles du cancer du sein la présence de produits chimiques synthétiques trouvés dans l'environnement. Parmi ces preuves, signalons les constats suivants (parmi d'autres) :
  • l'expérience de la Women's Health Initiative, une étude arrêtée en 2002 lorsqu'on découvre que la thérapie de remplacement hormonal (oestrogène et progestines) offerte aux femmes postménopausées résulte en un accroissement de 26 % du risque de développer le cancer du sein;
  • une étude du Duke Comprehensive Cancer Center qui démontre que l'éthylène glycol méthyl éther — que l'on trouve dans les vernis, peintures et teintures, et dans les additifs mis dans l'essence — peuvent stimuler jusqu'à 8 ou 10 fois l'activité des estrogènes et des progestines dans les cellules;
  • le projet de recherche sur le cancer du sein au Long Island, qui identifie les hydrocarbures aromatiques polycycliques (les PAH) comme facteur de risque pour le cancer du sein. On trouve les PAH dans la fumée de tabac, la suie, les gaz d'échappement de moteurs diesel, et dans les aliments grillés ou fumés;
  • les filles de femmes qui ont reçu le diéthylstilboestrol (DES) durant leur grossesse, se trouvent à avoir un risque accru de développer le cancer du sein;
  • des recherches poursuivies à l'Université de la Californie, Berkeley, ont mis en évidence le fait qu'une augmentation de 10 fois l'exposition à la dioxine résulte en un risque deux fois plus élevé de développer un cancer du sein. [La dioxine est un produit chimique perturbateur des fonctions endocriniennes (hormonales) relié à plusieurs types de cancer de même qu'à des défauts congénitaux, des difficultés d'apprentissage, et la suppression du système immunitaire. On la trouve partout];
  • des chercheurs ayant évalué les données sur l'incidence du cancer du sein provenant de la Nurses' Health Study ont conclu à la nécessité d'examiner beaucoup plus attentivement l'effet de l'exposition aux BPC chez les femmes qui démontrent une prédisposition génétique. [Bien que bannis, les BPC (biphényles polychlorés) persistent dans l'environnement et il y aurait un lien entre eux et plusieurs formes de cancer.]
  • deux études suédoises permettent de conclure que non seulement les facteurs environnementaux ont un rôle plus important que l'héritage génétique dans l'étiologie de la plupart des cancers, mais aussi que le risque encouru est en grande partie fixé dans les vingt premières années de la vie;
  • un rapport provenant de la University of Massachusetts Amherst démontre que «  Dans l'ensemble les faits scientifiques ... justifient que de manière urgente l'on renforce les efforts pour développer des politiques visant à prévenir les expositions aux substances cancérigènes... Ignorer les preuves scientifiques existantes consiste à cautionner, chaque année, en connaissance de cause, des dizaines de milliers de cas inutiles de maladie ou de mort. » (extrait du Sommaire exécutif)
  • Soixante-dix pourcent des personnes ayant le cancer du sein n'ont pas les facteurs de risque reconnus. Dans seulement 30% des cas de cancer du sein retrouve-t-on les facteurs de risque reconnus, par exemple, la ménopause tardive, le fait d'avoir des enfants en âge avancé, ou un récit familial comprenant des cas de cancer;
  • les pays non industrialisés ont des taux de cancer du sein moins élevés que les pays industrialisés. Les personnes qui déménagent vers des pays industrialisés, à partir de pays où l'on voit des taux plus bas, développent des taux de cancer du sein typiques des pays industrialisés;
  • les rayonnements ionisants (provenant de rayons-X) et les déchets nucléaires sont des causes reconnues du cancer du sein;
  • les herbicides et les pesticides (bannis dans certaines régions) sont reconnus comme dangereux. On peut les introduire dans la maison sur les souliers, et les produits peuvent demeurer dans les fibres d'un tapis pendant des années. Certains produits destinés aux soins des animaux domestiques — collier insecticide anti puces, vaporisateurs, poudres, shampooings, bain parasiticide — contiennent aussi des produits chimiques dangereux.
  • Les taux de cancer du sein continuent à augmenter à travers le monde et dans ce portrait démographique à large spectre, on décèle un lien entre les taux de cancer du sein et l'utilisation de produits chimiques synthétiques. Pour plus d'informations, voir le rapport L'État des Connaissances: La relation entre l'environnement et le cancer du sein.

 

 Je m'intéresse aux aliments organiques. Qu'est-ce que je devrais rechercher? 

  • De plus en plus les consommateurs exigent des aliments organiques, et les supermarchés répondent à la demande, tout comme des magasins «  écolo » dans les principales villes. Dans plusieurs centres, les agriculteurs organiques livrent les fruits et légumes frais dans des centres de distribution, permettant ainsi que les consommateurs viennent les prendre sur une base régulière. La contamination par les pesticides est plus fréquente dans certains aliments que dans d'autres. L'association américaine Environmental Working Group (Groupe de travail sur l'environnement) fournit des listes des «  meilleurs » et des «  pires » aliments, suivant les résultats de tests effectués sur les fruits et les légumes frais. Les fruits et les légumes dans lesquels il est le plus probable de retrouver des résidus de pesticides sont les suivants : fraises, framboises, pommes, piments de toutes sortes, pêches, nectarines, poires, cerises, raisins importés, épinards, céleri et pommes de terre. Les fruits et les légumes dans lesquels il est le moins probable de retrouver des résidus de pesticides sont les suivants : maïs sucré, avocat, choufleur, asperges, oignons, petits pois, broccoli, ananas, mangues, bananes, kiwi et papaye. Le poisson, la viande, la volaille et les produits laitiers non-organiques constituent une source importante de pesticides, d'hormones et d'autres produits chimiques dans notre diète. Le poisson organique est soit sauvage, soit le produit d'élevage exempt d'antibiotiques; leur alimentation est de source organique et les enclos permettent une mobilité accrue. Seuls deux pays au monde, l'Écosse et l'Irlande, offrent une certification en matière de poisson organique. Consulter le site Environmental Defense (Défendre l'environnement) , quant aux meilleurs et aux pires choix quand vient le temps d'acheter poissons et fruits de mer. Il devient de plus en plus facile de trouver des bouchers dont la viande, y compris la volaille, est exempte d'hormones et d'antibiotiques, bien que ces produits ne sont pas aussi abordables que le poisson ou les fruits et légumes. Du fait que les contaminants environnementaux ont tendance à se concentrer dans les tissus gras du corps, on soupçonne que la viande et les produits laitiers peuvent être responsables d'ajouter au «  fardeau » de produits chimiques toxiques que porte le corps. La consommation de produits organiques ne fait pas que réduire notre exposition aux pesticides et aux hormones indésirés mais elle encourage aussi ce type d'agriculture, qui s'avère plus sain pour les travailleurs agricoles. On peut trouver d'autres informations disponibles dans le rapport: L'État des Connaissances: La relation entre l'environnement et le cancer du sein.

 Quelles alternatives non toxiques existent quant aux produits de nettoyage domestique? 

  • Les produits nettoyants et d'autres produits domestiques ordinaires font rarement l'objet d'études quant à leur sécurité, et on sait qu'ils contiennent des produits chimiques malsains tant pour les personnes que pour l'environnement. Des substituts simples d'accès et sécuritaires existent dans l'ammoniac, le borax, le vinaigre et le bicarbonate de soude. Pour d'autres informations, consulter le EnviroSense Fact Sheet. Pourquoi éviter d'utiliser le plastique au four à micro-ondes? Il est reconnu qu'une exposition la vie durant à l'oestrogène a une influence sur le risque de cancer du sein. Mise à part cette faible proportion des femmes qui héritent d'un gène qui prédispose au cancer du sein, presque tous les facteurs de risque reconnus du cancer du sein — menstruations précoces, ménopause tardive, avoir son premier enfant à un âge avancé ou n'avoir jamais eu d'enfants — sont reliés à l'exposition ordinaire à l'oestrogène. Certains composés — le DEHA (diéthylhexyladipate), les phthalates, et le bisphénol-A — qu'on ajoute au plastique pour le rendre mou, imitent l'hormone oestrogène aussitôt leur intégration dans le corps. Ces composés peuvent aussi s'infiltrer dans la nourriture lorsque le plastique est sujet aux températures typiques d'un four à micro-ondes. Bien que nous n'ayons pas une preuve absolue de ces effets négatifs, il y a là encore une façon que des produits chimiques dangereux peuvent nous affecter. (Voir la question concernant les désodorisants.) Le problème réside dans le fait que même en petites quantités ces produits, en s'ajoutant à d'autres produits chimiques proches des oestrogènes et que l'on retrouve dans l'environnement, résultent en des effets cumulatifs. ACS-Qc recommande, si on utilise un four à micro-ondes, de cuire et ou de réchauffer les aliments dans des contenants faits en céramique ou en vitre.

 Est-ce qu'il y a un lien entre les désodorisants et le cancer du sein? 

  • On a retrouvé les parabens — un agent de conservation utilisé fréquemment dans les cosmétiques et les produits de beauté — dans des tumeurs provenant d'échantillons de cancer du sein. Voilà une preuve que les parabens peuvent être absorbés dans le corps par la peau, à l'utilisation de produits tels les désodorisants et les crèmes de beauté, et qu'ils peuvent persister et s'accumuler dans leur état originel, dans les tissus mammaires. Les parabens et les phthalates sont deux types de substances chimiques utilisés souvent dans les produits cosmétiques et de soins de beauté. On en a banni la vente dans l'Union européenne mais on les retrouve de manière quotidienne dans les produits disponibles en Amérique du Nord. Malgré que la plupart des plus importantes entreprises cosmétiques affirment que l'utilisation de leurs produits est sécuritaire, la Food and Drug Administration rapporte que 89 % des 10 500 ingrédients utilisés dans les produits vendus aux Etats-Unis n'ont pas fait l'objet d'une évaluation quant à leur sécurité. Aucune évaluation similaire n'existe pour le Canada. Bien qu'on projette de légiférer en la matière, au moment d'écrire ces lignes le Canada ne fait aucune obligation aux entreprises de dévoiler le contenu des cosmétiques ou des produits personnels de beauté. Pour d'autres informations sur ce sujet, consulter les sites Skin Deep ou Safer Products Project.

 Y a-t-il un lien entre les soutien-gorge à armature et le cancer du sein? 

  • Il n'existe pas d'études scientifiques sérieuses qui montrent une corrélation entre le fait de porter un soutien-gorge d'un type particulier et la survenance du cancer du sein. Deux anthropologues ont postulé ce lien dans un livre intitulé Dressed to Kill. Dans leur étude on n'a pas suivi les principes habituels propres à une recherche fiable et on n'a tenu compte d'aucun des facteurs de risques connus du cancer du sein. Il n'existe aucune autre recherche crédible qui permette de valider d'aucune façon l'affirmation.

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 Quel lien existe-t-il entre les médicaments inducteurs de l'ovulation et le cancer du sein? 

  • Les rapports entre les médicaments inducteurs de l'ovulation et le cancer du sein s'avèrent très complexes. Pour commencer, la majorité des femmes qui prennent ces médicaments ont plus que 30 ans et elles n'ont pas eu d'enfant. Ces facteurs se cumulent déjà pour augmenter le risque de cancer du sein. Une des substances souvent utilisées, le Clomid (le citrate de clomiphène), fonctionne en stimulant une plus grande fréquence de l'ovulation, en raison de quoi la femme produit davantage d'hormones pour stimuler le développement d'ovules. Quelques études suggèrent que le Clomid accroît le risque de cancer de l'ovaire puisque plus une femme a produit d'ovules, plus fortes sont ses chances de développer le cancer de l'ovaire. Cependant, le lien avec le cancer du sein n'est pas précis. Vu que la quantité d'estrogène présente dans le corps d'une femme a un effet sur le risque de cancer du sein, les médicaments inducteurs de l'ovulation et les hormones qu'ils contiennent pourraient susciter le développement de cellules pré-cancéreuses. Toutefois, suivant quelques grandes études, un historique de recours aux médicaments inducteurs de l'ovulation ne montrait pas d'effet avec un risque accru de cancer du sein. De toute évidence, il y a lieu de poursuivre les recherches sur le sujet. Il est raisonnable de croire que ces médicaments ont un effet quelconque, puisque c'est le cas d'autres hormones (e.g., le D.E.S. — un médicament offert aux femmes entre 1938 et 1971 pour prévenir les fausses couches), et de la thérapie hormonale offerte aux femmes post-ménopausées. Plusieurs questions demeurent sans réponse, et il se peut qu'on doive attendre encore un bon moment avant de pouvoir faire toute la lumière sur les conséquences de ces médicaments sur le risque de cancer du sein.

 Je viens tout juste de me faire diagnostiquer, qu'est-ce que je devrais faire? 

  • Ne vous laissez pas aller à prendre quelque décision sous la force de la pression. Vous avez le droit de prendre le temps nécessaire pour réfléchir aux options disponibles et ce afin d'en arriver à la décision qui vous convient. N'ayez pas peur de demander de l'aide, que ce soit d'amies, d'amis ou de votre médecin. Si vous ne comprenez pas ce que vous dit votre médecin, continuez à lui poser des questions. N'oubliez pas que ce n'est pas de votre faute si vous avez le cancer du sein, et qu'il ne s'agit pas d'un arrêt de mort. Il y a des millions de femmes qui, aujourd'hui, vivent avec le cancer du sein. Nous vous recommandons de consulter le livre, Dr. Susan Love's Breast Book, et son site web car ils constituent d'excellentes ressources sur toutes les facettes de la santé du sein et sur le cancer du sein.

 J'ai une amie ou un membre de ma famille qui vient se de faire diagnostiquer, que puis-je faire? 

  • Un bon ami consacrera tout le temps possible pour supporter la personne qui doit se faire une tête suite à ce diagnostic. Parfois il est utile d'obtenir une deuxième opinion de médecin. Peut-être que tel est le cas. De toute façon, il y aura des décisions difficiles à prendre et la possibilité de demander des traitements. Votre rôle premier consiste en une écoute attentive et empathique. Vous pouvez aussi y ajouter en aidant à la recherche d'options, en accompagnant votre amie ou membre de la famille lors de rendez-vous et en prenant des notes pour l'aider, en posant les questions qu'elle peut avoir oublié de poser. Ne donnez pas votre opinion à moins qu'elle soit sollicitée. Il y a aussi des façons pratiques d'aide — en fournissant des repas, en faisant le lavage, en faisant les commissions.

 Y a-t-il des livres que vous pouvez recommander pour en apprendre plus sur le cancer du sein? 

  • Pour les femmes que viennent de se faire diagnostiquer, nous recommandons le Dr. Susan Love's Breast Book parce qu'il fournit une description détaillée de tous les aspects du cancer du sein, tout en étant facile à lire. Pour celles qui seraient intéressées à mieux comprendre les liens entre le cancer et certains facteurs environnementaux, nous recommandons le livre très bien documenté et merveilleusement bien écrit de Sandra Steingraber, Living Downstream : An Ecologist Looks at Cancer and the Environment. Elle a aussi publié un autre livre, plus récent, Having Faith. De Sharon Batt (une des fondatrices d'ACS-Qc), on lira dans À bout de patience, une analyse incisive des aspects politiques du cancer du sein et du travail terrain fait pour confronter l'industrie du cancer. Ce livre est un des livres les plus importants qui soient pour bien comprendre les enjeux autour du cancer du sein.

 Comment est-ce que je peux savoir si j'ai le cancer du sein? 

  • En toute probabilité vous ne pouvez pas le savoir. Le symptôme le plus fréquent du cancer du sein est une bosse dans le sein ou la poitrine, mais la plupart des bosses ne sont pas cancéreuses. Chez les femmes plus jeunes (pré-ménopause), seulement 12 % des bosses rapportées s'avèrent être cancéreuses. Mais palper la bosse ne vous informera pas s'il s'agit d'un cancer ou non. Toute nouvelle bosse, ou épaississement du sein, devrait faire l'objet d'un examen médical le plus tôt possible. Une mammographie peut aider au diagnostic, mais la seule façon de vérifier la présence d'un cancer du sein est par une biopsie. Une biopsie consiste à prélever une partie de la bosse afin d'y confirmer ou infirmer la présence de cellules cancéreuses. Une douleur au sein peut constituer un symptôme inquiétant. La douleur aux seins peut survenir à tous les mois, peut être reliée aux niveaux hormonaux qui fluctuent avec le cycle menstruel, et est rarement signe d'un problème grave. De la douleur non cyclique et qui est située dans une zone particulière peut s'avérer un symptôme de cancer, même si dans la plupart des cas elle n'a rien à voir avec le cancer. Cela dit, il peut être préférable de faire une visite auprès de son médecin ou du spécialiste. Une douleur qui se présente en plein milieu de la poitrine peut s'avérer être de l'arthrite ou une douleur reliée à d'autres facteurs ou événements se produisant dans le corps. D'autres symptômes du cancer du sein peuvent se manifester sous les formes suivantes : rougeur de la peau du sein, irritation d'un mamelon ou plissements de la peau. Peu importe la nature des changements, s'ils vous inquiètent, il vaut mieux consulter et en avoir le coeur net.

 Qu'est-ce que le cancer du sein inflammatoire? 

  • Le cancer du sein inflammatoire (CSI), la forme la plus agressive du cancer du sein, touche moins de 6 % de toutes les femmes diagnostiquées. Cette forme de cancer a un aspect physique différent et son évolution typique est différente aussi. D'ordinaire, les premiers symptômes du CSI sont visuels : le sein devient rouge, enflé, chaud au toucher et a l'air infecté. Dans certains cas, la peau du sein se plissera, pourra développer de petites dépressions — comme la pelure d'une orange — et le mamelon se rétractera et s'aplatira. La présence de ganglions lymphatiques enflés soit dans l'aisselle (ganglions axillaires) soit au-dessus de la clavicule est un autre symptôme du CSI. Une autre infection du sein, la mastite, présente des symptômes similaires, et pour cette raison les médecins prescriront des antibiotiques lors de la première manifestation de ces symptômes. S'il n'y a pas d'amélioration dans une semaine, le médecin fera alors une ponction-biopsie de la peau afin de vérifier la présence de cellules cancéreuses. La mastite étant beaucoup plus commune que le CSI, il est raisonnable de ne pas faire une biopsie sur toutes les femmes ayant un sein rougi ou des ganglions lymphatiques enflés. La progression du CSI peut s'avérer rapide, passant du sein vers les ganglions et en métastases (se propager dans d'autres parties du corps). En réalité, du fait de l'agressivité du CSI, la métastase a déjà commencé d'habitude au moment du diagnostic. La thérapie pour le CSI débute avec de la chimiothérapie, suivie de chirurgie et de radiothérapie. On peut trouver d'autres informations, comprenant photos, histoires vécues et des liens sur d'autres sites, sur le site du Inflammatory Breast Cancer Research Foundation

 Qu'est-ce que la maladie de Paget du sein? 

  • Selon le Dr. Susan Love's Breast Book (la 3e édition), pp. 403-404 : «  La maladie de Paget du sein est une forme de cancer du sein qui se manifeste par une démangeaison du mamelon et la peau y devient croûtée et ne guérit pas. On méprend souvent cette maladie pour de l'eczéma du mamelon — une condition beaucoup plus fréquente. La maladie de Paget ne se trouve presque jamais dans les deux seins, alors si vous ressentez des démangeaisons et vous avez de la peau en croûte sur les deux mamelons, il est probable qu'il s'agit d'une condition dermatologique relativement bénigne. Cependant, si la situation ne s'améliore pas il est préférable de consulter, que la condition soit sur un ou les deux mamelons. Après une mammographie diagnostique, votre médecin pourra faire une biopsie de la peau du mamelon, en prélevant seulement un ou deux millimètres de peau. S'il s'agit de la maladie de Paget, l'analyse pathologique permettra de voir de petites cellules cancéreuses qui remontent jusque dans la peau du mamelon. «  Il y a probablement deux variantes de la maladie de Paget : une forme associée avec un cancer du sein envahissant, et une autre qui ne touche que le mamelon. La maladie de Paget qui ne touche que le mamelon a un meilleur pronostic que le cancer du sein habituel, se manifestant le plus souvent de manière relativement moins agressive. De plus, souvent les ganglions ne sont pas touchés. » Comme tout autre changement au sein, un changement qu'on remarquerait au mamelon ne doit pas être ignoré. Si vous estimez ne pas recevoir le traitement que vous êtes en droit de recevoir, faites-le savoir.

 Qu'est-ce que c'est que des inhibiteurs d'aromatase? 

  • Les inhibiteurs d'aromatase réduisent les taux d'estrogène en bloquant un enzyme, l'aromatase, l'empêchant de convertir des androgènes en estrogène. Les femmes préménopausées et postménopausées peuvent recourir au tamoxifène en tant que thérapie hormonale. Toutefois seules les femmes postménopausées peuvent prendre un inhibiteur d'aromatase. Cela est dû au fait que chez les femmes postménopausées les ovaires ne produisent plus une quantité importante d'estrogène, alors l'estrogène leur arrive principalement du fait de la conversion d'androgènes en estrogène par l'enzyme aromatase; cependant que les femmes préménopausées obtiennent l'estrogène directement de leurs ovaires. Les tumeurs du sein sont soit sensibles à l'estrogène (RE-positif), sensibles à la progestérone (RP-positif), sensibles aux deux (RE-positif/RP-positif) ou à aucuns (RE-négatif/RP-négatif). Si la tumeur d'une femme est hormono-positive (RE-positif ou RP-positif), alors une forme de thérapie hormonale pourrait être efficace pour ralentir ou arrêter la croissance du cancer. Jusqu'à tout récemment on recourait à la chirurgie pour réduire la présence d'hormones dans le système — en retirant les ovaires de femmes préménopausées ou les glandes surrénales chez les femmes postménopausées. Avec l'objectif de modifier le milieu hormonal, on a utilisé certains médicaments pour modifier le milieu hormonal et ainsi traiter des femmes avec une maladie métastatique — incluant des estrogènes synthétiques, des progestérones synthétiques et une testostérone synthétique. De nos jours, on recommande à la majorité des femmes postménopausées un traitement avec un inhibiteur d'aromatase, l'anastrozole (Arimidex), le letrozole (Femara) ou l'exemestane (Aromasin). Par conséquent le tamoxifène, utilisé pour la première fois dans les années 80, n'est plus le traitement de choix pour les femmes postménopausées. Cependant le tamoxifène joue encore un rôle important dans le traitement offert aux femmes préménopausées. L'Arimidex et le Femara ont reçu une approbation pour le traitement de femmes postménopausées avec un cancer du sein sensibles aux hormones. Ces médicaments sont prescrits le plus souvent à la suite d'une intervention chirurgicale. On les utilise aussi comme traitement de seconde ou de troisième ligne, après qu'une autre thérapie hormonale ait cessé d'être efficace. L'Aromasin est un stéroïde inhibiteur d'aromatase, capable de faire cesser la production de l'enzyme aromatase de manière permanente; on le désigne un inhibiteur d'aromatase irréversible. Au moment d'écrire ces lignes, l'Aromasin n'a été approuvé qu'en tant que traitement de deuxième ou troisième recours auprès de femmes postménopausées dont les tumeurs ne répondent plus au traitement par le tamoxifène.

 C'est quoi le carcinome canalaire in situ (CCIS)? 

  • Le carcinome canalaire in situ (CCIS) désigne la forme la plus commune de cancer du sein non invasif. On trouve le CCIS seulement dans les canaux de lactation du sein, et les cellules anormales ne se sont pas propagées aux tissus gras du sein ou dans les ganglions. Souvent détecté par la mammographie, le CCIS peut prendre l'aspect de traces de calcium, appelées microcalcifications. C'est par une biopsie du sein qu'on confirme un diagnostic de CCIS. Une biopsie consiste en une intervention par laquelle on prélève un petit échantillon de tissu mammaire afin d'en faire un examen par microscopie. La biopsie se fait soit par une ponction à l'aiguille fine, soit une ponction par forage (en fait une aiguille plus large permettant de prélever un échantillon plus important). À défaut de traitement, le CCIS peut devenir un cancer invasif. Cela se produit dans moins de la moitié des cas diagnostiqués. Il est impossible, présentement, de prédire si un cancer invasif se développera ou non. Il est plausible de penser que de nombreuses femmes ont le CCIS, vivant leur vie entière dans cette situation sans le savoir. Les femmes qui se font diagnostiquer avec un cas de CCIS peuvent se faire conseiller d'obtenir une mastectomie, une tumorectomie, une tumorectomie suivie de traitement radiologique, ou encore une «  attente attentive » afin de voir si et comment le CCIS pourrait se développer. Ces décisions dépendront de l'oncologiste et de la façon qu'a la femme de gérer les situations d'incertitude. Le taux de réussite des traitements contre le CCIS est proche de 100 %, et le fait de recevoir ce diagnostic n'est pas considéré comme un cas d'urgence médicale. Les femmes ont le temps nécessaire pour soupeser la variété de traitements possibles avant de prendre une décision.

 Qu'est-ce que c'est que des microcalcifications? 

  • Le terme microcalcifications réfère à la présence dans le sein de minuscules particules de calcium, qui sont des détritus de cellules mortes. Leur présence peut signaler un cancer, même en l'absence d'une masse palpable au sein. Quatre fois sur cinq, les microcalcifications s'avèrent bénignes; généralement, elles sont alors de taille forte, peu nombreuses, éparpillées et de forme ronde. Les microcalcifications malignes sont le plus souvent nombreuses, rassemblées et de formes variées et différentes (allongées, ramifiées, en forme de larmes). Il existe aussi des calcifications, appelées indéterminées, dont les caractéristiques sont intermédiaires. Dans les cas de calcifications bénignes, on suggérera à la femme d'obtenir une mammographie sur une base régulière (annuellement ou aux six mois). Si on estime que les microcalcifications sont suspectes, on recommandera de procéder à une biopsie par ponction à aiguille fine ou une biopsie stéréotactique (à aiguille large). On examinera le tissu en y recherchant la présence de cellules cancéreuses; les recommandations de traitements seront fondées sur les résultats. (Voir aussi C'est quoi le carcinome canalaire in situ (CCIS)?)

 Pourquoi certaines femmes parlent-elles d'avoir été guéries du cancer du sein? 

  • Aujourd'hui on utilise somme toute de manière assez imprécise le mot guérison et ce, basé le plus souvent sur les taux de survie après cinq ans. Le risque de récidive du cancer du sein est le plus élevé dans les deux années suivant le diagnostic, et 19 femmes sur 20 diagnostiquées suite à une mammographie sont encore vivantes cinq ans après le diagnostic initial. De nombreuses femmes ayant vécu un cancer du sein vont vivre jusqu'à un âge très avancé et mourir d'autre chose, mais comme la plupart d'entre nous le savent, être libre du cancer cinq ans après le traitement ne constitue pas en soi une garantie contre une récurrence de la maladie.

 Quelles méthodes alternatives à la mammographie existe-t-il pour la détection du cancer du sein? 

  • Malgré ses limites, la mammographie a le mérite d'être le seul moyen de dépistage du cancer du sein qui soit largement accessible. Bien que dans une grande étude on a trouvé que les examens cliniques des seins constituaient un moyen de dépistage aussi efficace que les mammographies, les examens dans cette étude étaient réalisés par des médecins ou des infirmières ayant reçu une formation spécialisée et on consacrait presque dix minutes pour chaque patiente. Telle n'est malheureusement pas la pratique usuelle. La mammographie digitale est une variante de la mammographie; elle nécessite de faibles niveaux de radiations ionisantes (rayons-X), et l'image n'est pas produite sur une pellicule mais est plutôt convertie en image digitale qui s'avère plus facile à manipuler et à interpréter. Cette forme de mammographie coûte plus cher que la mammographie conventionnelle, et jusqu'ici on a réservé son utilisation aux jeunes femmes ayant un risque élevé de cancer du sein (femmes porteuses du BRCA-1 ou -2) ou aux femmes vivant un retour du cancer. D'autres technologies nouvelles d'imagerie s'avèrent utiles à des fins diagnostiques et on peut les utiliser pour complémenter une mammographie initiale, mais aucune n'a été proposée à des fins généralisées de dépistage. Parmi elles, on compte : a) l'échographie qui utilise des ultrasons — permettant de déterminer si une masse est solide ou si elle est remplie de fluide — et constitue un test des plus utiles pour les femmes dont les seins sont très denses; b) l'imagerie par résonance magnétique (IRM) qui utilise des ondes radio à haute fréquence; mais ce test coûte beaucoup plus cher que la mammographie et ne détecte pas les microcalcifications; c) la tomographie par émission de positrons (TEP) qui permet de suivre une molécule de glucose à laquelle est liée une substance radioactive — les tissus en croissance rapide consomment le glucose —; ce test constitue un moyen de dépistage particulièrement utile pour identifier le carcinome canalaire invasif; et d) la thermographie qui mesure les variations de la température corporelle émise par la peau, cette mesure étant significative car les cellules cancéreuses émettent davantage de chaleur que les tissus normaux. Il existe des groupes de recherche qui travaillent au développement d'imageries par CT (computerized tomography) du sein, la tomodensitométrie, mais cette approche en est encore à un stade expérimental.

 Quelle dose de radiation est-ce que je recevrai lors d'une mammographie? 

  • La dose de radiation ionisante émise en prenant une image ne devrait pas dépasser les 0,3 centi-grays (cGy) ou 0,3 rad (dose de radiation absorbée). Le rad était l'unité standard pour mesurer les radiations ionisantes; cette unité est remplacée maintenant par le gray. Un gray équivaut à 100 rad. Une mammographie normale exigera deux images par sein, bien que les femmes avec des seins particulièrement gros pourront requérir un nombre d'images plus élevé. On sait que la radiation est une cause reconnue du cancer et que les effets sont cumulatifs. Pour ces raisons, ACS-Qc recommande de considérer sérieusement toute décision de se faire radiographier, y compris par la mammographie. Le risque de dommages dûs aux radiations ionisantes est le plus élevé dans les tissus qui sont en phase de changement rapide, tels que les tissus mammaires en croissance chez les adolescentes; mais jusque chez les femmes de 35 ans les tissus mammaires continuent à croître, sans oublier les changements induits par la menstruation et l'allaitement. Le dépistage par mammographie demeure un sujet de controverse, particulièrement pour ce qui concerne son utilisation chez les femmes préménopausées et le fait que certains préfèrent en faire la promotion tout en en ignorant les désavantages documentés.

 Pourquoi ACS-Qc affirme-t-elle que les mammographies ne constituent pas une forme de «  prévention »? 

  • (texte tiré verbatim du site de BCA à San Francisco) La «  prévention » veut dire faire en sorte qu'un événement ne se produit pas, tandis que la «  détection » veut dire découvrir un événement qui s'est déjà produit. Au moment où une mammogaphie permet de déceler la présence d'un cancer au sein, il y a déjà longtemps que le cancer s'y développe, entre sept et dix ans. Une véritable prévention du cancer du sein veut dire comprendre et éliminer les causes de la maladie, ce qui empêcherait que les personnes contractent la maladie.

 Comment les taux d'incidence du cancer du sein se comparent-ils dans le monde? 

  • Bien que l'incidence du cancer du sein augmente partout dans le monde, c'est l'Amérique du Nord et l'Europe qui connaissent les taux de cancer du sein les plus élevés et l'Asie et l'Afrique les taux les plus bas. Les pays non industrialisés ont des taux de cancer du sein moins élevés que les pays industrialisés, et les femmes qui migrent de pays avec des taux plus bas vers l'Europe de l'Ouest ou l'Amérique du Nord voient leur taux d'incidence augmenter dans un laps de temps de quelques années. Les filles de ces femmes ont des taux d'incidence de cancer du sein équivalents aux femmes du pays d'accueil.

Comment est-ce que je peux trouver un médecin qui pratique de la médecine alternative?

  • Le bouche à oreille constitue probablement le meilleur moyen de trouver un praticien compétent des médecines alternatives. Tout un chacun peut se désigner naturopathe, homéopathe, acupuncteur, ostéopathe ou nutritionniste mais cette désignation ne garantit pas le fait que ces personnes une reçu une accréditation. Voici un domaine où l'on doit exercer la plus grande précaution en tant que consommatrice, consommateur de tels services. Les occupations de naturopathe et de médecin naturopathe sont régulées sur le plan provincial seulement en Colombie-Britannique, en Saskatchewan, au Manitoba et en Ontario. Dans les autres provinces, il faut s'enquérir de la formation et de l'expérience des praticiens/praticiennes. Le Collège canadien de la médecine naturopathique (Canadian College of Naturopathic Medicine, www.ccnm.edu) garde un registre. La plupart des naturopathes, formés dans des écoles reconnues en Amérique du Nord ou en Europe, sont aussi qualifiés pour pratiquer l'homéopathie. Les Diététistes du Canada (www.dietitians.ca) tient une liste des diététistes certifiés pour offrir des conseils nutritionnels. L'ostéopathie est une spécialité américaine mais le Conseil médical du Canada a récemment consenti à délivrer une license canadienne aux ostéopathes ayant complété 12 mois d'études supervisées au Canada après avoir complété un premier diplôme universitaire. Un acupuncteur certifié a généralement complété au minimum trois années d'études mais il n'y a que trois écoles d'acupuncture au Canada, toutes en Colombie-Britannique. Le site web suivant www.aworldofacupuncture.com offre des conseils pour savoir comment trouver un acupuncteur compétent.

Devrais-je me faire faire un test génétique pour savoir si je suis porteuse du «  gène du cancer du sein »?

  • L'avantage de passer un test génétique consiste en ce qu'il peut calmer les soucis qui peuvent exister quant aux risques anormaux de développer le cancer du sein. La plupart des femmes qui cherchent à subir un test génétique ont dans leur famille plusieurs personnes touchées par cette maladie. Mais même si une femme se situe parmi les 5 ou 10 % des femmes ayant une forme héréditaire de la maladie, il se peut qu'elle n'ait pas pour autant une mutation génétique héritée — le BRCA-1 ou le BRCA-2. L'inconvénient qui existe en regard de ce test génétique, c'est qu'il n'existe aucune solution globale devant un résultat positif. La présence de «  gènes du cancer du sein » ne dicte pas le développement d'un cancer du sein. Elle indique plutôt que la porteuse du gène est davantage à risque qu'une femme non porteuse. Certaines femmes choisiront alors un suivi plus étroit (mammographies et/ou examens cliniques des seins plus fréquents); d'autres choisissent la mastectomie. Toutefois même la mastectomie prophylactique ne constitue pas une garantie, car on ne peut enlever tout le tissu mammaire. La réponse devant cette situation demeure une décision difficile et hautement individualisée.

Comment est-ce que je peux savoir si une «  découverte médicale » est vraiment importante?

  • Durant la dernière décennie, on a assisté à un combat important pour des parts du marché entre les grandes compagnies pharmaceutiques. Ça a donné lieu trop souvent à des efforts de diminution des coûts, jusqu'à ce qu'on cesse (souvent prématurément) la poursuite d'essais cliniques sur des médicaments prometteurs et ce pour plus rapidement annoncer des résultats positifs, ou pour annoncer avec grande pompe l'introduction de nouveaux médicaments qui n'offrent aucune amélioration substantielle par rapport aux médicaments existants (mais qui coûtent souvent plus chers). Pour quiconque suit de près l'évolution des traitements du cancer du sein, le scepticisme s'impose rapidement en regard de ces prétendues découvertes. La réaction la plus sage consiste à adopter un regard critique* quant au rapport initial et à suivre attentivement la discussion qui suivra — lettres adressées au rédacteur en chef de la revue, articles scientifiques qui permettent de pondérer les affirmations ou encore de les rejeter, articles qui corroborent les affirmations initiales, publications dans des sites internet qui fournissent une information davantage objective — afin d'obtenir un portrait plus équilibré. * Des questions comme les suivantes peuvent aider : Quelle taille d'échantillon avait l'étude? Quelle a été la durée de l'étude? Qui l'a financée? Quel a été le protocole? (Il peut être utile de connaître les avantages et les inconvénients propres à une étude de cas-témoins, une étude transversale, une étude de cohorte, une étude croisée, un essai contrôlé randomisé. Ce dernier type d'étude constitue la formule la plus convaincante. On est bien avisé de prendre en considération qui sont ceux qui pourraient bénéficier des résultats. (Voir le site www.cebm.net/study_designs.asp).

Est-ce que les implants mammaires sont sécuritaires?

  • On estime qu'au Canada entre 100 000 et 200 000 femmes ont reçu des implants mammaires. Il est cependant probable que moins d'un cas sur cinq soit survenu en raison d'une reconstruction suite à un épisode de cancer ou suite à une mastectomie prophylactique (préventive). On a restreint le recours aux implants mammaires en gel de silicone en 1992 au Canada et aux États-Unis parce qu'on y décelait des ruptures et des fuites, et on soupçonnait un lien avec le cancer, le lupus et d'autres maladies. Dans le cadre du processus d'examen de Santé Canada, un Groupe consultatif scientifique s'est réuni début 2005 pour évaluer les preuves de sécurité et d'efficacité que présentaient les manufacturiers desdits implants qui avaient été remis sur le marché américain sous la condition d'une surveillance continue pendant dix années de l'état de santé des femmes les ayant reçus. Au Canada, Santé Canada évalue au cas par cas toute demande d'utilisation d'implant mammaire au gel de sillicone. On rapporte des problèmes de courte durée suivant l'intervention, c'est-à-dire des complications localisées et le besoin d'interventions chirurgicales répétées, ainsi que certaines préoccupations quant à la santé des femmes concernées sur le long terme. Au moment présent, seuls les implants mammaires remplis de solution saline sont disponibles sans restrictions. Toutefois les implants remplis de solution saline sont contenus dans une enveloppe de silicone et certaines femmes se plaignent des mêmes complications que les patientes ayant reçu les implants en gel de silicone. En théorie, toutefois, les implants remplis de solution saline devraient causer moins de préoccupations puisque'au total il y a moins de silicone présent et qu'une rupture résulterait en la décharge d'une solution saline. Dans plusieurs études on a établi qu'il n'existait aucun lien entre le fait d'avoir reçu des implants mammaires et l'existence de complications systémiques telles des maladies du système auto-immunitaire ou du tissu conjonctif. Toutefois la possibilité de l'existence d'un lien causal demeure à l'esprit puisque le retrait d'un implant a souvent l'effet de faire arrêter les symptômes de ces maladies chez des femmes qui en souffrent. On continue à exercer des pressions pour qu'on crée au Canada — à l'instar de ce qui existe en Suède et dans le Royaume-Uni — un Registre national des implants mammaires, afin de suivre attentivement les résultats pour mieux pouvoir tirer des conclusions précises.

 N'est-il pas vrai que les taux d'occurrence du cancer du sein augmentent simplement parce que les femmes sont plus nombreuses à subir un dépistage? 

  • Il est vrai que pendant une période assez longue on a traité le sujet du cancer du sein comme un secret, voire un secret provoquant de la gêne ou de la honte. Puis dans les années 1970, de nombreuses femmes bien en vue ont rendu public le fait qu'elles avaient le cancer du sein, et elles ont conseillé aux femmes de procéder à des mammographies de dépistage. À ce moment précis on a connu une augmentation importante du nombre de cas diagnostiqués mais sitôt la mammographie devenue plus acceptable voire routinière, on a connu une stabilisation dans le nombre de cas diagnostiqués. En fait, le taux de survenance du cancer du sein connaissait déjà une augmentation bien longtemps avant qu'on ait crevé l'effet de la stigmatisation, et ce taux continue à augmenter malgré le fait qu'il n'y a pas eu d'augmentation notable du nombre de mammographies dans les dernières années.

J'entends souvent dire qu' «  un cancer du sein se déclarera chez une Canadienne sur neuf ». Qu'est-ce que cela veut dire?

  • Cette affirmation traduit le fait que si toutes les femmes vivaient jusqu'à l'âge de 85 ans, une parmi neuf femmes connaîtrait un cancer du sein à un moment dans sa vie. On calcule ce chiffre — un sur neuf — en faisant la somme des risques pour chaque groupe d'âge et en divisant par le nombre moyen d'années que vivent les femmes. Cela ne veut pas dire que dans tout groupe de neuf femmes, il y en aura nécessairement une qui développera un cancer du sein, malgré l'impression que l'on peut avoir que tel semble être le cas. Quand on calcule le risque sur une base individuelle, l'âge s'avère un facteur important. Le risque entre l'âge de 35 ans et 39 ans est d'environ 1 chance sur 1500. À 75 ans, le risque se situe approximativement à un peu moins que 1/200. L'expression une femme sur neuf s'est avérée utile pour alerter les femmes face à la possibilité qu'ont les femmes de développer un cancer du sein mais cela ne reflète pas une mesure précise du risque d'une femme en particulier. (En 2005, on estime que 21 600 femmes connaîtront un diagnostic de cancer du sein et 5 300 en mourront.)

Est-ce que les hommes sont nombreux à développer le cancer du sein?

  • On estime qu'en 2011, 190 hommes recevront un diagnostic de cancer du sein et 55 en mourront