Nouvelles brèves

Test sanguin possible pour diagnostiquer le cancer du sein. Une entreprise de Houston, Power3 Medical Products, a mis au point un test sanguin pour diagnostiquer le cancer du sein. Le test BC-SeraProMC mesure le niveau de 22 biomarqueurs de protéines dans le sérum, qui différencient les patients atteints d’un cancer des sujets témoins. L’entreprise a d’abord lancé ce test dans douze pays du Moyen-Orient à la fin de l’année dernière. Les résultats sont comparés à une vaste base de données de patients avec des cotes de probabilité allant de 0.0 à 1.0. L’entreprise tient à préciser qu’une fois les résultats de ce test disponibles, ceux-ci ne devraient pas être considérés comme un diagnostic et n’offre pas de garantie. Il n’a pas été approuvé par la U.S. Food and Drug Administration. (De nombreuses sources : google ‘BC SeraPro’)

Nouvelle campagne sur les pesticides et le cancer. La Health and Environment Alliance (HEAL) basée à Bruxelles et le Mouvement pour le droit et le respect des générations futures, à Paris, ont récemment rassemblé leurs efforts pour lancer une campagne. Citant un récent rapport commandé par le Parlement européen, ils estiment qu’au moins un pour cent des cancers — soit quelque 30 000 cancers diagnostiqués chaque année en Europe — peuvent être reliés à l’utilisation de pesticides. La campagne vise à obtenir une interdiction des pesticides reconnus ou suspectés d’être dangereux, une réduction de l’utilisation de tous les pesticides, une réglementation sévère pour protéger les enfants, des stratégies de soins de santé qui reconnaissent le rôle des pesticides dans la prévention primaire du cancer, et un réseau informel de personnes et de groupes préoccupés et prêts à agir. (Voir www.pesticidescancer.eu et www.facebook.com/pages/ick-of-Pesticides/38411248553)

The Disappearing Male (La disparition du mâle). C’est le titre d’un documentaire intriguant qui explore le problème de l’infertilité croissante chez les hommes, la détérioration de la qualité du sperme, et le nombre croissant de bébés de sexe masculin qui naissent avec des anomalies génitales ou qui souffrent de troubles de l’apprentissage, d’autisme, etc. Une partie du film met l’accent sur le ratio sexuel inégal de bébés nés dans la réserve Aamjiwnaang, près de Sarnia — un problème également soulevé dans le film Toxic Trespass. (Plus de détails à www.cbc.ca/ documentaries/doczone/2008/disappearingmale/index.html)

Anticorps à deux têtes pour éliminer le cancer du sein. Une petite molécule ressemblant à un anticorps créée par des chercheurs du Fox Chase Cancer Center à Philadelphie peut attaquer simultanément deux molécules distinctes à la surface des cellules cancéreuses, stoppant la croissance des cellules de cancer du sein dans les tests effectués en laboratoire. La molécule pourrait être un système de guidage pour livrer des médicaments plus agressifs directement dans les cellules cancéreuses. (Voir « Targeting ErbB2 and ErbB3 with a bispecific single-chain Fv enhances targeting selectivity and induces a therapeutic effect in vitro », dans Brit J of Cancer, 7 oct. 2008)

Le ganglion lymphatique sentinelle et les métastases. Les femmes qui subissent des biopsies du ganglion lymphatique sentinelle révélant la présence de cellules isolées de cancer du sein risquent d’avoir des métastases dans d’autres ganglions lymphatiques. Une méta-analyse des résultats de biopsies du ganglion sentinelle a été menée dans un centre médical à Utrecht, aux Pays-Bas. Après avoir compilé 29 études publiées portant sur 836 patientes, les chercheurs admettent que les résultats sont controversés : le doute persiste quant à savoir si une extirpation des ganglions est nécessaire lorsque des cellules cancéreuses isolées sont trouvées lors d’une biopsie du ganglion sentinelle. (J Natl Cancer Instit, 11 nov. 2008)

Les dangers de la poussière dans les maisons. Une analyse de la poussière recueillie dans des sacs d’aspirateur de dix appartements à Davis, en Californie, indique que des substances chimiques destructives d’endocrine pourraient être plus dangereuses dans les maisons que dehors. La poussière comprenait de l’éther biphényle polychloré, des biphényles polychlorés (PCB), des phthlates, des pyrethrinoïdes, du DDT et ses métabolites et du chlordane. Bien que l’utilisation de PCB est interdite ou limitée depuis des décennies, certains échantillons de poussière révèlent la présence d’une quantité de PCB pouvant poser un risque sérieux sur la santé. (www.sciencedirect.com/science? _ob=ArticleURL&_udi=B6V)

Le bisphénol-A modifie la chimiothérapie. Une équipe de l’Université de Cincinnati a étudié des cellules cancéreuses au sein, en les soumettant à de faibles niveaux de bisphénol-A, du type de celui qu’on retrouve dans le sang des adultes. (Le bisphénol-A est un composant de nombreux plastiques durs et de l’intérieur des boîtes de conserve.) Les chercheurs ont constaté que le bisphénol-A agit sur les cellules cancéreuses de la même manière que l’oestrogène — en produisant des protéines qui protègent les cellules contre les agents de la chimiothérapie. En d’autres mots, le bisphénol-A pourrait protéger les cellules cancéreuses des médicaments anti-cancer, diminuant de façon considérable l’efficacité de la chimiothérapie. (« Plastic chemical may interfere with chemotherapy. » NY Times, 9 octobre 2008)

Aliments qui combattent le cancer. Il est très cher de mener des études qui suivent des gens pendant des années afin de voir s’ils restent en santé s’ils mangent certains types d’aliments. L’approbation de médicaments, en ce sens, est plus efficace. Néanmoins, les recherches en nutrition mettent en évidence les bienfaits des légumes crucifères (chou, chou-fleur et surtout le brocoli), qui contiennent du glucosinolate de sulforaphane; des noix, qui contiennent des acides gras oméga-3, de l’acide alpha-linoléique (tout comme l’huile de canola et les graines de lin); ainsi que des fraises, des grenades et du thé vert. (bulletin.aarp.org/states/ny/articles/cancerfighting_foods_cropping_up_by_the_dozen.html)

Efficacité de la radiothérapie brève. Des chercheurs du centre de cancer de l’Université McMaster prouvent qu’une radiothérapie intense et brève pour les cas précoces de cancer du sein est aussi efficace que les traitements actuels, qui durent de cinq à sept semaines. La radiation accélérée a été testée sur 1 234 femmes ayant un cancer au stade précoce, et qui ont ensuite été suivies pendant 12 ans. Dix ans après le traitement, le taux de récurrence était de 6,2 pour cent dans le groupe de femmes ayant subi le traitement accéléré, comparativement à 6,7 pour cent chez les patients qui ont subi le traitement standard. (www.canada.com/topics/news/national/story.html?id=a152c8b9-61d7-4f3a-847f-1afc771e7520)

Une nouvelle méthode d’imagerie pour le cancer du sein a été mise au point par une équipe de scientifiques de l’université Penn State. Les méthodes d’imagerie actuelles (rayons X et IRM) sont limitées en ce qui a trait à la taille des tumeurs qu’elles peuvent détecter, leur niveau de pénétration dans le corps et leurs effets secondaires potentiels. L’imagerie biologique proche infrarouge (NIR) est une forme de radiation non invasive, sans douleur et non ionisante qui fonctionne à des longueurs d’onde tout juste au-dessus du rayonnement visible. En combinant la NIR avec des nanoparticules contenant du colorant fluorescent, les chercheurs ont été en mesure de détecter des tumeurs de 5 mm de diamètre dans une souris vivante. (www.sciencedaily.com/releases/2008/ 09/080926195129.htm)

Le rôle de l’IRM pour déterminer le besoin de radiation. Pour les femmes dont le cancer du sein s’est propagé dans les ganglions lymphatiques, un balayage par IRM pourrait remplacer la chirurgie exploratoire pour déterminer si une radiothérapie est nécessaire. Les médecins du centre médical de l’Université de Washington ont constaté que l’information sur les tumeurs fournie par les balayages par IRM corrèlent avec les résultats fournis par des chirurgies dans les cas de cancers du sein ayant atteint les glandes lymphatiques. Ceci est important, parce que récemment, les décisions concernant la nécessité de procéder à des radiations étaient prises après la chirurgie et avant la chimiothérapie. L’avantage ultime de cette découverte est que certaines femmes n’auront pas à subir de radiation, en particulier celles dont la tumeur est plus petite ou ne s’est pas propagée dans les ganglions lymphatiques. (www.sciencedaily.com/ releases/2008/09/0809211620 42.htm)

D’importants chercheurs mettent en doute la recherche d’un traitement du cancer par les médicaments. Des experts remettent en question l’orientation des recherches de pharmacothérapie pour traiter le cancer. Ils affirment qu’il faut porter une plus grande attention aux causes des mutations génétiques qui provoquent des tumeurs mortelles. Après avoir étudié une quantité extraordinaire de changements génétiques qui mènent au développement du cancer, un chercheur a affirmé que rediriger les fonds recherche vers la détection et la prévention — plutôt que vers de nouveaux médicaments – serait une stratégie plus sensée. (TheStar.com, 4 sept. 2008)

Nouvel outil de dépistage du cancer du sein. Une nouvelle technique appelée imagerie du sein moléculaire (MBI) semble être plus efficace que la mammographie, pouvant détecter des tumeurs chez les femmes au tissu mammaire dense. D’après les chercheurs de la Mayo Clinic, la MBI peut détecter des tumeurs que ne peuvent détecter la mammographie, coûte la moitié du prix d’un balayage par IRM et présente un faible risque de radiation si elle est utilisée peu souvent. (National Post, 3 sept. 2008)

Le risque de récurrence du cancer du sein est faible. Dans le cadre d’une étude sur la récurrence du cancer du sein, 2 838 patientes atteintes d’un cancer de stade I à III en rémission depuis cinq ans ont été observées. Pour 89 pour cent d’entre elles, le cancer n’est pas revenu dix ans après le diagnostic, et pour 80 pour cent d’entre elles, quinze ans après. Les femmes qui avaient un cancer à récepteurs d’oestrogènes positifs étaient plus susceptibles de connaître une récurrence de la maladie que celles atteintes d’un cancer à récepteurs d’oestrogènes négatifs. Il est important de noter que malgré les faibles taux de récurrence, le fait de ne pas observer de retour de la maladie ne constitue pas une « cure ». (Pour en savoir plus, visitez bcaction.org/index.php?page=breast-cancer-myths-debunked)

Évitez les effets indésirables des médicaments. Selon les experts, il faut éviter les nouveaux médicaments qui sont sur le marché depuis moins de deux ans. Des documents médicaux révèlent que seulement un nouveau médicament sur sept est plus efficace que les médicaments existants et que deux nouveaux médicaments sur sept ont des effets secondaires assez sérieux pour justifier l’émission d’avertissements spéciaux ou le retrait du marché de ces médicaments. Nombre de ces effets indésirables n’apparaissent qu’après que les médicaments ont été utilisés par des millions de patients pendant plusieurs années. (Paul Taylor, Globe & Mail, 29 août 2008)

L’exercice physique : la clé de la survie chez les patientes atteintes d’un cancer du sein. Les femmes qui restent actives après un diagnostic de cancer du sein — et même celles qui commencent à faire de l’exercice seulement après avoir reçu ce diagnostic — ont plus de chance de survivre à la maladie. Des dizaines d’études menées au cours des vingt dernières années indiquent que l’exercice peut réduire le risque de cancer du sein de jusqu’à 40 pour cent. Des études plus récentes révèlent que l’exercice offre autant ou plus de bienfaits permettant aux femmes atteintes de la maladie d’y survivre. (« Influence of Pre- and Postdiagnosis Physical Activity on Mortality in Breast Cancer Survivors: The Health, Eating, Activity, and Lifestyle Study », J Clin Oncol., 20 août 2008)

Les prévisions du facteur de croissance relatives au cancer du sein sont pessimistes. La réaction du facteur de croissance de type insuline de type 1 (IGF-I) dans les cellules cancéreuses au sein prédit une tumeur agressive moins susceptible de répondre au traitement. Cela renforce la tendance selon laquelle les traitements contre le cancer sont adaptés en fonction des caractéristiques de chaque tumeur. L’IGT-I est un important régulateur de croissance et de survie des cellules, qui règle aussi la réparation de l’ADN, ce qui a une implication considérable pour ce qui est des traitements anti-cancer qui cherchent à endommager l’ADN et à éliminer les cellules cancéreuses. (Science Daily à www.sciencedaily.com/releases/2008/08/080829114911.htm)

Qu’est-ce que la tibolone? La tibolone (LivialMC) est un médicament synthétique qui a des effets oestrogéniques, androgéniques et progestogéniques, ce qui le qualifie d’hormonothérapie. Il est utilisé pour traiter les symptômes de la ménopause et on a suspecté qu’il augmentait le risque de cancer du sein. Cependant, une récente étude à double insu impliquant 4 538 femmes âgées de 60 à 85 ans a révélé que la tibolone réduisait le risque de fractures et de cancer du sein, mais augmentait le risque d’accident cérébrovasculaire. À l’heure actuelle, la tibolone est approuvée dans 90 pays du monde pour le traitement des symptômes de ménopause, et dans 45 pays pour prévenir l’ostéoporose. Il n’est pas disponible aux états-Unis et au Canada. (« The effects of tibolone in older postmenopausal women », New Engl J Med, 14 août 2008)

Un médicament contre l’ostéoporose pourrait ralentir la croissance du cancer du sein. L’acide zolédronique (commercialisé par Novartis sous les noms Zometa, Zomera, Aclasta et Reclast) est parfois utilisé pour prévenir le développement de l’ostéoporose. Les chercheurs l’ont combiné à la doxorubicine (Adriamycin), un médicament de chimiothérapie utilisé pour traiter le cancer du sein, pour freiner la progression de tumeurs chez les souris. Les médicaments combinés ont eu pour effet l’auto-destruction de certaines cellules cancéreuses et l’arrêt de la fourniture d’oxygène et de nutriments aux autres. (www.telegraph.co.uk/news/uknews/2106564/Breast-cancer-risk-reduced-by-brittle-bone-drug.html)

Des tomodensitomètres plus confortables que la mammographie. Les tomodensitomètres spécialement conçus pour les seins, seuls et combinés à la tomographie par émission de positons (TEP), offrent des images tridimensionnelles des seins et évitent la compression des seins. La femme est allongée sur le ventre avec un sein qui pend par une ouverture dans le lit. Le scan se déplace alors autour du sein. Cette machine spécialisée semble être plus efficace que la mammographie pour détecter les masses de tumeurs, mais moins efficace pour détecter les microcalcifications. (50e réunion annuelle de l’AAPE, 29 juillet 2008)