Jeunesse et prévention
Écrit par Jennifer Beeman

L’envergure de notre travail auprès des jeunes surprend bien des gens.

En effet, notre Programme jeunesse compte plusieurs volets. D’abord, nous travaillons auprès des étudiants universitaires qui soutiennent notre mission et organisons avec eux des événements sur les campus pour faire connaître notre travail au milieu universitaire et au grand public. Nous travaillons ensuite auprès de groupes communautaires œuvrant avec la jeunesse, avec lesquels nous offrons des ateliers d’information sur la santé et l’environnement ou des ateliers pratiques (confection de produits de soins personnels maison).

Enfin, nous travaillons désormais auprès des élèves du secondaire dans le cadre de notre programme novateur, Pour une santé engagée : les jeunes se connectent à leur environnement et à leur communauté, qui est actuellement offert dans deux écoles secondaires publiques, et que nous prévoyons offrir dans d’autres écoles à l’automne.

Nous travaillons beaucoup auprès des jeunes, car nous croyons fermement que la prévention du cancer du sein, cette tâche difficile de réduire le taux d’incidence de la maladie, doit commencer tôt. En fait, elle débute bien avant la naissance, par une limitation de l’exposition du fœtus aux substances toxiques et aux perturbateurs endocriniens, et se poursuit toute la vie.

Toutefois, la pré-adolescence et l’adolescence sont des périodes critiques en matière d’exposition aux perturbateurs endocriniens parce que le corps est alors particulièrement sensible à ceux‑ci. Présents dans une vaste gamme de produits de soins quotidiens, les perturbateurs endocriniens sont associés à une variété de problèmes de santé, y compris des troubles du développement, des malformations des organes reproducteurs, surtout chez les garçons, l’obésité, une puberté précoce et des cancers hormono‑dépendants, dont le cancer du sein.

Tout en informant les jeunes sur ces importants enjeux, nous explorons les normes sociales qui influencent leur consommation de ces produits. Selon le milieu socioculturel auquel elles appartiennent, les jeunes filles font face à des pressions complexes en ce qui concerne le respect de certaines normes de beauté et sont souvent tentées d’utiliser des produits particulièrement dangereux pour défriser leurs cheveux ou éclaircir leur teint, par exemple.

Notre volonté de travailler auprès des jeunes s’explique aussi par notre profonde indignation face aux statistiques concernant les inégalités sociales en matière de santé. En effet, on constate que de nombreuses maladies, dont le cancer du sein, ont des conséquences plus graves sur la santé des personnes de milieux défavorisés que sur celle des autres, et ce, malgré la supposée gratuité de nos soins de santé. La lutte pour éliminer les barrières des inégalités sociales doit aussi commencer le plus tôt possible, et c’est là l’une des missions de POUR UNE SANTÉ ENGAGÉE.

Nous sommes choyées de pouvoir travailler avec des gens de tous âges. Nos activités attirent régulièrement des personnes dans la vingtaine, mais aussi de 80 ou 90 ans. Cependant, nous avons constaté que nous pouvons et que nous devons travailler auprès des personnes les plus jeunes possible, au moment où elles en sont encore à développer leur comportement et leurs connaissances en ce qui concerne le contrôle de leur santé et de leur environnement.

Il est étonnant de constater que contrairement à certains adultes, à qui nous devons expliquer pourquoi un organisme de lutte contre le cancer du sein doit œuvrer auprès de la jeunesse, les jeunes saisissent d’emblée l’importance de cet aspect de notre mission.