Cosmetiques Sécuritaires

L’Action cancer du sein de Montréal s’inquiète de la présence de produits chimiques toxiques dans les cosmétiques. Nous estimons qu’un nombre significatif d’études scientifiques montrent l’existence de liens entre le taux croissant de cancers du sein et la prolifération de l’utilisation des produits chimiques synthétiques survenue après la Deuxième Guerre mondiale. Nous estimons également qu’il est aberrant de constater que la majorité de ces derniers figurent toujours à la liste des ingrédients de nos cosmétiques, même si leur degré de sécurité pour la santé humaine et pour l’environnement n’a jamais été vérifié.
En moyenne, les Nord‑Américains utilisent une douzaine de produits cosmétiques différents chaque jour et s’exposent donc à plus de 126 agents chimiques. Un grand nombre de ces agents ont déjà été détectés dans le sang de personnes de tous âges, et même dans le sang de cordon ombilical de nouveau‑nés. Nous estimons que les études démontrant les répercussions à long terme de l’exposition aux agents chimiques sur le développement des tissus du sein, de la période prénatale à l’adolescence, fournissent des arguments suffisamment convaincants pour demander une modification de la réglementation sur la présence d’agents chimiques dans les produits de soins corporels! Depuis le 16 novembre 2006, la législation oblige les entreprises de l’industrie cosmétique à fournir une liste des ingrédients sur l’étiquette de leurs produits. Cependant, Santé Canada permet toujours l’utilisation d’agents chimiques toxiques dans la fabrication des cosmétiques. Qui plus est, les nouvelles étiquettes détaillées demeurent inutiles pour la plupart des gens, lorsqu’il s’agit d’identifier les produits toxiques et de les éviter.
Dans le but d’offrir de l’information exacte et objective sur les données scientifiques à ce sujet ainsi que de servir de plateforme pour les demandes de modification des politiques et règlements, l'ACSM a mis sur pied la Campaign for Safe Cosmetics (Campagne en faveur de cosmétiques sécuritaires) et un projet jeunesse, FemmeToxic.
L’ACSM a également créé une présentation intitulée La face cachée des produits de beauté afin de véhiculer son message au plus grand nombre de personnes possible. Il s’agit d’un atelier sur les cosmétiques sécuritaires, l’étiquetage et le droit des consommateurs de savoir ce qu’ils achètent. Si votre organisme communautaire, votre établissement d’enseignement, votre lieu de travail ou vous‑même souhaitez en apprendre davantage sur le sujet, n’hésitez pas à communiquer avec nous pour organiser un atelier. Nous disposons également de nombreuses ressources (énumérées plus loin) pour vous aider à prendre part à notre campagne et à vous renseigner sur les cosmétiques sécuritaires.
L'ACSM demande à Santé Canada :
- d’interdire l’utilisation de tout produit chimique foncièrement cancérogène,mutagène ou toxique pour la reproduction dans la composition des cosmétiques vendus au Canada. Il s’agit de l’approche préventive adoptée par l’Union européenne, et nous sommes d’avis que le Canada doit au moins suivre les mêmes normes que cette dernière;
- d’obliger les fabricants de cosmétiques à évaluer la sécurité de tous les ingrédients chimiques et les nanoparticules compris dans leurs formulations et à fournir les résultats complets de ces tests. À l’heure actuelle, les ingrédients des produits cosmétiques ne sont soumis à aucun test de sécurité avant d’arriver sur les tablettes. Les entreprises sont simplement tenues de faire parvenir une liste des ingrédients à Santé Canada, dix jours après la mise en marché de leur produit.
- d’obliger les fabricants de cosmétiques à lui fournir toutes les données touchant les répercussions sur l’environnement et la santé humaine de chacun des produits chimiques utilisés. Actuellement, on ne dispose que de résultats partiels concernant les tests de sécurité effectués sur la majorité des produits chimiques.
En attendant la mise en vigueur d’une législation plus rigoureuse qui interdise l’usage des agents cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction, on doit exiger la divulgation de leur présence sur l’étiquette des produits de soins corporels. En outre, les nanoparticules, de plus en plus utilisées dans la fabrication des crèmes antirides et des écrans solaires, devraient également être indiquées sur l’étiquette.
Ressources
L'ACSM a créé un guide de référence intitulé Les Top 20 Toxiques, dans lequel on retrouve les agents chimiques considérés comme les plus dangereux, et que l’on devrait éviter autant que possible.
En partenariat avec le Projet de sensibilisation à l’environnement et à la santé, l'ACSM a produit les brochures suivantes :
La face cachée des produits de beauté
Démystifions le cancer du sein
Les ingrédients toxiques dans les produits de nettoyage
La pollution toxique et le cancer au Canada
La Campaign for Safe Cosmetics (Campagne en faveur de cosmétiques sécuritaires – CSC), en partenariat avec Environmental Defence (Défense environnementale – ED), vient tout juste de faire paraître un rapport d’étude portant sur les risques de l’utilisation des parfums pour la santé humaine : Not So Sexy: The Health Risks of Secret Chemicals in Fragrance. On retrouve leurs communiqués de presse (CSC; ED) et leurs pétitions (CSC; ED) sur Internet.
Le filmThe Story of Cosmetics, dont Annie Leonard assure la narration, examine l’omniprésence des agents chimiques toxiques dans les produits de soins corporels que nous utilisons tous les jours, du rouge à lèvres au shampoing pour bébé.
Produit par Free Range Studios, le court métrage de sept minutes The Story of Stuff Project met au jour les répercussions de ces produits chimiques sur la santé et l’environnement des consommateurs et des travailleurs, et propose des moyens de persuader l’industrie de délaisser ces ingrédients dangereux pour se tourner vers des solutions de rechange plus sécuritaires.
Janice Melanson, directrice exécutive de l'ACSM, a récemment écrit un article pour le site Web du mouvement Prevent Cancer Now(Prévenir le cancer aujourd’hui) mettant au jour les liens étroits entre l’histoire des cosmétiques et la politique canadienne de gestion des produits chimiques (The story of Cosmetics - What's Canada's Story?).
Vous pouvez vérifier le degré de sécurité de vos cosmétiques sur le site Web Skin Deep.
Renseignez‑vous au sujet des oestrogènes environnementaux et consultez la section Questions et réponses de notre site Web. Vous pouvez également consulter la liste des entreprises canadiennes qui ont signé le Compact for Safe Cosmetics.
L'ACSM a maintenant son blogue. Consultez‑le pour vous tenir au courant des dernières nouvelles de l’organisme et pour accéder à certaines ressources précieuses. Vous pouvez même y aller de vos contributions!
L'ACSM a fait traduire son rapport State of the Evidence 2008 en français (L’État des connaissances 2008). Vous pouvez donc consultez cette version françaiseou encore le rapport de 2010 en anglais, en plus d’accéder aux photographiesdu lancement.